les faussaires de Manhattan

Film de Marielle Heller

USA – 2019 – 1H47 – VOST

avec Melissa McCarthy, Richard E. Grant, Dolly Wells

Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable: rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, que Jack revend à prix d’or aux collectionneurs new-yorkais. Grisés par le succès, les deux faussaires ne voient pas que le FBI commence à s’intéresser à eux…

Cette adaptation des mémoires de Lee Israel, auteure et falsificatrice, donne corps à un film s’appuyant sur un récit prenant la forme d’un thriller d’arnaque. On est comme happé par cet univers ou le jazz raisonne ou New York palpite, mais au milieu de cela la cinéaste scrute deux laissés pour compte, Lee Israel et Jack Hock. Sous une étonnante légèreté se cache pourtant une solitude rampante dessinée avec une belle élégance. Lee Israel, interprétée par une Melissa McCarthy n’ayant pas déméritait sa nomination aux Oscars, est une femme seule. Rongée par l’échec de sa carrière, elle n’a pas un physique réellement avantageux, boit beaucoup trop et n’a que faire d’être sympathique. Dans cette vie morose, elle n’a d’amour que pour son chat, en lisant ses lignes on pourrait croire que le personnage n’est qu’une accumulation de cliché, mais la délicatesse du trait fait toute la différence et finit par toucher. Idem pour Jack Hock, campé par un Richard E. Grant qui lui aussi ne déméritait pas sa nomination; homosexuel à la rue qui use de son empathie et trouve en Lee une sorte de miroir de lui-même. Ainsi, ce duo donne toute sa force du métrage qui parvient à dépasser le stade de l’anecdote. Les Faussaires de Manhattan peut ainsi s’émanciper des carcans du film d’arnaque pour se métamorphoser en une œuvre mélancolique qui s’imbibe de la solitude de ces êtres.  fuckingcinephiles.blogspot.com