Séance spéciale

beau joueur

Documentaire de Delphine Gleize

FRANCE – 2019 – 1h39

Séance spéciale en présence de la réalisatrice Delphine Gleize – MARDI 4 JUIN 20H30 – en partenariat avec CINA

J’ai imaginé Beau joueur comme le roman d’un dépit amoureux et la chanson d’une reconquête.
Une équipe de rugby qui a conquis la liste convoitée du Top 14 est une équipe qui a touché du doigt, dans un enthousiasme débordant, un Graal fragile, adoubée par un public dont la ferveur est réputée inégalable.
Ainsi, l’Aviron Bayonnais Rugby entre en TOP 14 sur les chapeaux de roue, emmené par un coach singulier, Vincent Etcheto. Ils sont au bas du classement dès le mois d’Octobre 2016. C’est à ce moment-là que je les rencontre. Le maintien en TOP 14 devient le maître mot. Une obsession. Les hommes qui ont vécu «l’ascension », comme ils la nomment, portent en eux le souvenir d’une étreinte. Laquelle précisément ? Je décide de les filmer seule pendant sept mois. Persuadée qu’ils préparent un casse.

La 2ème loi de thermodynamique stipule que tout système isolé tend vers l’entropie. Partant de cet axiome, la réalisatrice nous immerge dans un collectif, une aventure à 35 belligérants, déterminés à œuvrer ensemble pour organiser leur résurrection. Oui, « Les Beaux joueurs » est un film que les amateurs de rugby vont savourer. Mais pour tous les autres, les néophytes, les fâchés du ballon ovale, les allergiques à la transpiration volontaire, oh que la surprise sera plaisante ! Car ce n’est pas un documentaire sur le rugby que nous propose Delphine Gleize – le spectacle du sport ne l’intéresse pas – mais un film sur le groupe, sur l’envie de se relever, sur l’utopie. Avec, en la personne du coach, un anti-héros grec, ce barreur qui doit affronter mille récifs, mille écueils. Par le truchement d’une bande-son aux petits oignons et d’un commentaire sobre qui entretient le suspense, la réalisatrice nous transporte ainsi au cœur d’une tragédie gréco-bayonnaise qui, gageons-le, séduira petits et grands. Jean Vilar ne disait-il pas qu’il faut avoir le courage et l’opiniâtreté de présenter au spectateur ce qu’il ne sait pas qu’il désire ?